Le saviez-vous?

Un accord d'intéressement, suivez la piste «gagnant-gagnant» aussi bien pour les entreprises rentables que pour les entreprises en difficulté.

En cette période de crise, la négociation d'un accord d'intéressement ne doit pas être considérée comme l'apanage des entreprises rentables. Bien au contraire, lorsque les résultats de l'entreprise stagnent, ou se dégradent, et que le marché n'offre guère de perspectives de croissance, l'accord d'intéressement peut aussi servir de levier pour un retour rapide à la rentabilité.

Introduire des objectifs fondés sur des indicateurs extra-financiers

Il est surprenant de constater que la moitié des accords d'intéressement continuent de s'appuyer sur la progression du résultat courant avant impôt (RCAI). Le dispositif de l'intéressement est pourtant un outil offrant assez de flexibilité pour élargir le champ de la performance au-delà de la notion de résultat : les gains de productivité, la qualité de service ou encore l'amélioration de la satisfaction des clients sont autant de critères de performance qu'il est possible de traduire en objectifs et d'intégrer au calcul de la prime. Ainsi, certaines entreprises négocient-elles des accords basés sur la diminution des accidents du travail, l'amélioration de la satisfaction des clients ou la réduction des coûts liés à la non qualité. De plus, sans pour autant multiplier les critères, il est possible de négocier un accord « multicritères », combinant un objectif purement financier (résultat d'exploitation) avec un second critère de performance économique et/ou un critère de performance sociale. En gardant à l'esprit que l'importance du levier sera d'autant plus grande que les objectifs définis seront à la portée des équipes, et non liés à des évènements qu'elles ne maitrisent pas.

Explorer toutes les possibilités offertes par la souplesse du dispositif

La souplesse du dispositif d'intéressement est telle qu'elle permet également :

- De différencier les objectifs selon les établissements ou unités de travail (telles que définies par la circulaire ministérielle du 14 septembre 2005) : par exemple, une équipe commerciale n'aura pas les mêmes objectifs qu'une équipe chargée du contrôle qualité ;

- De jouer sur la progressivité des objectifs : un accord d'intéressement est signé pour une période de 3 ans minimum, avec tacite reconduction en l'absence de renégociation. Ainsi, il est possible de jouer sur la progressivité des objectifs : par exemple, pour un indicateur défini, 5 % de progrès la première année, puis 7 % la seconde et 10 % la troisième.

- De profiter des opportunités offertes par les partenariats d'entreprises : dans un contexte économique difficile et incertain, nombre d'entreprises développent des partenariats sur des projets, un moyen de mutualiser les compétences, les moyens et les risques. Dans les entreprises disposant d'un accord d'intéressement et concourant avec d'autres entreprises à une activité caractérisée et coordonnée, un intéressement de projet, portant sur un champ d'application, une formule et une période de calcul spécifique, pourra être négocié. Une façon de mobiliser tous les acteurs du projet et d'en assurer la réussite.

Conclusion

En cette période de trouble économique où la pression s'accentue aussi bien sur les entreprises que sur leurs salariés, les représentants des salariés doivent plus que jamais concourir, notamment via un dialogue éclairé avec leurs Directions, à la mise en œuvre d'initiatives à même d'assurer aussi bien la qualité que la pérennité des emplois. Dans cette perspective, la négociation d'un accord d'intéressement s'inscrivant dans une logique « gagnant-gagnant » apparait comme une piste essentielle à explorer.