Le dialogue social : un vrai projet ambitieux


Si l’on imagine « le monde d’après », pourrait-on envisager que les relations sociales faites de confrontations et de méfiance évoluent vers un véritable dialogue social dans l’entreprise ?

Ce terme « dialogue social » est souvent perçu comme un frein au changement par bien des dirigeants. En réalité, s’il est mené sur la base d’une confiance réciproque, il peut être un formidable levier de performance économique.

Cette affirmation nécessite de créer la confiance. Celle-ci repose sur trois piliers :

  1. La transparence, car ce qui est caché fait naître la suspicion et l’opacité peut nourrir des inquiétudes. Bien entendu, ce qui doit rester confidentiel doit le rester ; à défaut, elle effondre les avancées réalisées en termes de confiance,

  2. L’anticipation, en annonçant tôt les projets. Savoir préparer les esprits est capital et évite bien des blocages le jour venu,

  3. Le respect des engagements pris, qu’il s’agisse des accords collectifs ou des engagements verbaux.

Enfin, il faut aussi :

  • Des interlocuteurs de qualité. L’entreprise se doit d’encourager à l’engagement représentatif, qu’il soit syndical ou électif, de développer et reconnaître les compétences acquises par les représentants des salariés. Il faut aussi se donner du temps, car la tentation d’aller vite génère des frustrations. L’écoute, la co-construction, la prise de décision, la communication et la mise en œuvre, tout cela demande du temps. Rappelons la nécessité pour les élus d’être bien formés afin de favoriser la qualité de échanges, la pertinence des propositions et leur crédibilité.

  • De l’humilité, car les représentants du personnel remontent très souvent des idées pertinentes et des situations que les filtres managériaux peuvent bloquer.

Abandonner le modèle traditionnel de défiance réciproque n’est pas une chimère. Pour cela, le management doit effectuer une révolution consistant à passer d’une attitude défensive classique à un mode pro-actif de sollicitation des représentants du personnel ; pour ces derniers, la révolution n’est pas moindre, car il n’est pas toujours facile de passer d’un mode revendicatif habituel à un mode plus constructif.


Notre conseil : La période est inédite ; les élus doivent être plus vigilants que jamais !