Dialogue social en 2026 : un regard favorable des salariés sur leurs représentants

Malgré un contexte social bouleversé ces dernières années (ordonnances travail, crise sanitaire, réforme des retraites), la confiance dans le dialogue social semble renforcée. Deux études récentes convergent vers ce même constat encourageant, et livrent aux élus CSE des enseignements précieux sur les attentes des salariés, et notamment des plus jeunes.
Des salariés plus confiants envers leurs représentants du personnel
Selon une étude sur la perception des instances représentatives du personnel, publiée en janvier 2026 par la DARES, 51 % des salariés du secteur privé estiment que les représentants du personnel traduisent bien leurs aspirations, contre 46 % six ans plus tôt. En parallèle, le baromètre « Réalités du dialogue social » (publié en février 2026) indique que 73 % des jeunes actifs (18-35 ans) pensent que le dialogue social fonctionne bien dans leur entreprise, un pourcentage en hausse de 6 points par rapport à l’année précédente.
Les perceptions négatives reculent : la part des salariés estimant que les syndicats font passer leurs propres intérêts avant ceux des salariés passe de 32 % en 2017 à 29 % en 2023. De même, ceux qui identifient les syndicats comme une gêne pour l’activité de l’entreprise sont désormais 15 %, soit trois points de moins qu’en 2017.
Les cadres portent un regard légèrement plus positif que la moyenne sur la représentation du personnel, considérée comme un levier d’influence sur les décisions, même s’ils se montrent davantage confiants dans leur capacité à se défendre seuls.
Plus la taille de l’entreprise est élevée, plus la représentation syndicale est jugée favorablement. Dans les grandes structures, les salariés qui se déclarent capables de défendre directement leurs intérêts sont moins nombreux : 31 % dans les établissements de plus de 500 salariés, contre 48 % dans les entreprises de 11 à 49 salariés.
Une jeunesse prête à se mobiliser… mais qu’il faut encore convaincre
Selon le baromètre qui interroge les jeunes actifs, les 18-35 ans ne sont pas indifférents au dialogue social, bien au contraire : 77 % déclarent vouloir voter en cas d’élections professionnelles dans leur organisation, et 56 % se disent prêts à se présenter et à assumer un mandat. Pour les CSE qui peinent parfois à renouveler leurs rangs, il s’agit d’un signal prometteur.
Cette volonté peut être freinée par trois obstacles principaux : un manque de connaissances sur les droits des salariés (34 % des répondants), la crainte de conséquences négatives sur la carrière professionnelle (27 %), et le manque de temps (27 %).
C’est une génération qu’il reste encore à convaincre : si 76 % reconnaissent la nécessité des syndicats, 64 % estiment que les mouvements citoyens seraient plus efficaces pour obtenir de nouveaux droits. En matière de confiance au quotidien, les représentants syndicaux n’arrivent qu’en dernière position (9 %), derrière la direction (29 %), les managers (23 %) et les salariés eux-mêmes (21 %).
L’étude de la DARES apporte un éclairage complémentaire sur ce point : les salariés les plus jeunes sont plus sceptiques que la moyenne sur l’importance des syndicats, et se sentent davantage capables de défendre leurs propres intérêts.
En termes d’attentes, ils considèrent la quête de sens et le télétravail comme les principaux sujets à prendre en compte. Face à la multiplication des modes de communication en entreprise, la surinformation et l’instantanéité de l’accès à l’information éveillent chez eux une inquiétude croissante.
Ce que ces études changent concrètement pour les élus CSE
Ces données chiffrées ne sont pas que des statistiques : elles dessinent les leviers d’action concrets pour les élus de CSE qui souhaitent renforcer leur légitimité et mobiliser les salariés.
- La proximité reste le premier critère de légitimité
Les salariés font davantage confiance aux représentants qu’ils voient agir concrètement sur le terrain, sur des problématiques qui les touchent au quotidien.
- La visibilité auprès des jeunes est un enjeu stratégique
Cette génération est prête à s’engager, mais elle attend des preuves d’utilité avant d’accorder sa confiance. Une communication claire et régulière et des actions tangibles sont autant de leviers à activer.
- La taille de l’entreprise conditionne les attentes
Dans les grands groupes, l’importance de la représentation des salariés est reconnue dans un contexte où les relations avec la direction sont perçues comme plus distantes. Dans les structures intermédiaires, avec un CSE actif et visible, la marge de progression reste la plus importante.
Ainsi, un CSE bien formé, réellement ancré dans les préoccupations des salariés, et convenablement outillé dans les négociations, ne peut que mobiliser l’adhésion des salariés.
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