Prévenir la dégradation de la santé mentale au travail

La santé mentale est un enjeu de santé publique en France et une des priorités de l’Etat qui en a fait une Grande Cause Nationale en 2025.
Selon l’OMS « la santé mentale correspond à un état de bien-être mental qui nous permet de faire face aux sources de stress de la vie, de réaliser notre potentiel, de bien apprendre et de bien travailler, et de contribuer à la vie de la communauté. Elle a une valeur en soi et en tant que facteur favorable, et fait partie intégrante de notre bien-être. »
La santé est ainsi définie par l’OMS comme un état de bien être complet, y compris de bien être mental. Elle ne signifie pas une absence de maladie.
Santé mentale en entreprise : de quoi parle-t-on ?
Dans le monde du travail, la santé mentale est plus que jamais un enjeu pour les actifs français. Selon le « baromètre santé mentale et QVCT pour 2025 » réalisé par Qualisocial et Ipsos :
- 1 salarié sur 4 se déclare en mauvaise santé mentale en 2025 (stress, anxiété, tendance dépressive…) ;
- Les jeunes femmes sont plus touchées par la dégradation de la santé mentale présentant un mal être et un risque de dépression (35 % des femmes de moins de 30 ans) ;
- 38 % des parents isolés se déclarent en mauvaise santé mentale ;
- Les salariés à temps partiel sont 38 % à se déclarer en mauvaise santé mentale ;
- Le manque de confiance dans l’avenir est le principal facteur dégradant la santé mentale des salariés en 2025 ;
- Moins d’1 salarié sur 4 déclare avoir accès à un plan de prévention complet de santé mentale dans son entreprise.
L’enquête Ifop pour Moka.Care et le GHU de Paris sur la santé mentale au travail réalisée en février 2025 révèle que le travail est le 1er facteur de dégradation de santé mentale devant la famille et le contexte économique. Plus de 2 français sur 3 déclarent que celui-ci à un impact élevé ou moyen sur leur santé mentale.
Toujours selon cette étude, les principaux facteurs organisationnels impactant la santé mentale sont la charge de travail, les incivilités, tensions et conflits et les exigences trop élevées. Les conséquences peuvent être lourdes puisque au moins 1 Français sur 3 considère avoir vécu ou constaté une situation d’épuisement professionnel (burnout), une dépression, des violences verbales et du harcèlement moral.
Ces études démontrent l’investissement insuffisant des entreprises sur la santé mentale et une exposition importante des salariés aux risques psychosociaux. Et pourtant, pour 56 % des jeunes générations (Millenials et génération Z), la santé mentale passe avant le travail. 20% des moins de 35 ans ont déjà démissionné pour préserver leur santé mentale.
Soulignons que le Code du travail en son article L.4121-1 oblige l’employeur à prévenir les risques liés à la santé mentale : « L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».
Cette obligation passe par la prévention des risques psychosociaux et des initiatives en matière de Qualité de vie et conditions de travail (QVCT) en prenant en compte les études et méthodes préconisées par les experts (Gollac, Seigrist…) et les organismes nationaux de prévention comme l’INRS et l’ANACT.
Quel rôle pour le CSE ?
Le CSE est également un des acteurs clés de la prévention de la santé mentale et des RPS de manière générale en étant investi de missions portant sur l’analyse des risques professionnels, les enquêtes et inspections sur les conditions de travail, et la santé et sécurité des salariés. Il propose des actions de prévention contre les risques professionnels, y compris les problématiques de violences au travail (harcèlement moral, harcèlement sexuel et discrimination) et de risques psychosociaux.
Le CSE peut également faire appel à un expert habilité pour mener une enquête sur les facteurs organisationnels à l’origine de la dégradation de la santé physique et mentale des salariés.
Besoin d’accompagnement ?
En tant qu’expert habilité, Groupe Legrand accompagne les CSE dans les initiatives et enquêtes portant sur la santé mentale des salariés. Nous contacter






