Le COVID a bon dos, Attention aux abus !


« Nous sommes obligés de réduire les effectifs »

« Nous devons geler les salaires »

« Il faut vous adapter »

« Vous devez être polyvalents »

« Nous devons renégocier les acquis sociaux »


Voici une petite sélection des discours très en vogue en ce moment. La cause ? le COVID évidemment !


Il serait irrationnel de penser que la crise sanitaire n’a pas d’effet sur l’économie et sur la santé d’une entreprise, c’est évident. Néanmoins, le COVID a bon dos !


Les employeurs l’ont bien compris, tout ou presque peut s’expliquer par le COVID. Un manque de performance ? Des difficultés sociales ? Une pression accrue ? Des fermetures de sites ? Ne cherchez pas d’autres coupables, il s’agit forcément du COVID.


La situation sanitaire peut expliquer une partie du problème. Mais il peut également être plus profond, il ne faut pas s’arrêter à cette explication. Si la branche était déjà "bancale" depuis plusieurs années, le COVID n’est peut-être que le dernier coup de scie qui précipite la chute.


Renouer avec un dialogue social de qualité


La crise ne doit pas être un prétexte à la détérioration du dialogue social. Au contraire, il doit être renforcé ! Une étude de l’ANACT* réalisée en janvier et février 2021 indique que pour 66 % des acteurs du dialogue social (IRP et Employeurs), la charge de travail est plus importante depuis le début de la crise. Un dialogue social de qualité doit permettre de répondre aux enjeux liés :


  • à l’organisation du travail

  • à la santé et à la prévention des risques

  • aux problématiques économiques

*ANACT : Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail


Cette même étude rappelle que la consultation constitue une tendance positive dans l’engagement du dialogue social. Les observations de terrain montrent que, dans de nombreuses structures, cela a contribué à faire face à la crise en traitant de façon paritaire les problèmes rencontrés.


Les consultations sont obligatoires, ne passez pas à côté


Encore trop souvent, les élus sont "manipulés". La Direction prétextant des problématiques inhérentes au COVID pour ne pas les inclure dans les discussions, avec des réponses telles que :


« Nous avons accumulé beaucoup de retard »

« Nous n’avons pas de visibilité »

« Nous ne pouvons pas vous communiquer d’éléments dans cette période »

« Soyez compréhensifs, ne faites pas d’actions qui pourraient nuire à l’entreprise … »


Toutes ces problématiques peuvent exister, mais les élus de CSE doivent participer aux réflexions. Le meilleur moyen reste la consultation. Même en temps de crise sanitaire, les consultations sont obligatoires. Rappelons qu'il existe 3 consultations récurrentes :

  • la situation économique et financière,

  • la politique sociale, les conditions de travail et l’emploi,

  • les orientations stratégiques

Nous vous encourageons vivement à relancer votre Direction au plus vite, dans le cas où ces consultations n’auraient pas encore été réalisées. Elles permettent d’avoir une vision claire de la situation de l’entreprise, tant économiquement que socialement, et également de se projeter sur les années à venir. Les consultations visent également à anticiper des problématiques majeures et ainsi éviter autant que possible la contrainte d’un PSE.


C’est également un vecteur majeur dans la communication auprès des salariés. Votre rôle est de défendre l’intérêt des salariés, ne passez pas à côté des consultations !


N’hésitez pas à nous contacter, nos équipes ont l'expérience et nous pouvons vous accompagner.


A savoir :


Malgré les aides de l’Etat, 870 procédures de PSE ont été initiées en 2020, soit une augmentation de 77 % par rapport à 2019. La tendance s’est également poursuivie au premier trimestre 2021 (+ 55 % vs. la même période en 2020)